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Breguet Type XX

Le public connait sans doute moins aujourd’hui le rôle essentiel joué par Louis Breguet (1880-1955), arrière-arrière petit fils de l’horloger, dans la conquête de l’air et futur co-fondateur de la compagnie Air France.

Pionnier de l’aviation et fondateur de la Société d’Aviation Louis Breguet, celui-ci se lance dès 1907 dans la réalisation d’un gyroplane, premier hélicoptère de l’histoire à s’élever du sol avec son moteur et un homme à bord.
Il construit ses premiers avions biplans en 1909 (pour lesquels il reçoit les premier et deuxième prix du Concours militaire de Reims en 1911), ses premiers hydravions en 1912 et ses premiers bombardiers en 1915.

Les avions Breguet seront plus tard choisis pour équiper la flotte de l’armée française. Mais on les retrouve également en Espagne, au Siam, au Danemark, en Amérique du sud (comme en Argentine, au Brésil ou au Chili)…
L’avion Breguet type XIV joue notamment un rôle capital dans la victoire des Alliés grâce aux missions de reconnaissance et aux raids (bombardements) qu’il permet d’effectuer.

Quelques années plus tard, les avions Breguet effectuent les vols des lignes régulières des premières compagnies aériennes civiles.
Plusieurs avions de chasse ou de reconnaissance Breguet volent encore de nos jours et le nom Breguet a incontestablement marqué de son empreinte l’Histoire de l’aviation civile et militaire dans le monde.

Breguet et les montres d’aviateurs


En effet, en parallèle des réalisations aéronautiques sorties des ateliers de la Société d’Aviation Louis Breguet, la Manufacture Breguet met au point dès le début du XXème siècle et surtout dans les années 1950 différents outils de mesure du temps destinés à l’aviation militaire et civile.

Il peut paraître de prime abord étonnant qu’une maison aussi prestigieuse que Breguet, dont on connait l’élégance et la finesse des créations horlogères, se soit mise sur le créneau des montres militaires et plus particulièrement des Montres d’aviateurs.

Mais l’économie n’est au mieux et la Maison Breguet, comme tout le secteur du luxe, traverse une passe difficile.

La réalisation de montres militaires et d’instruments destinés à l’aviation, qui répond à une véritable demande de l’armée comme du secteur civil, constitue ainsi une réelle opportunité de nouveau marché pour la Manufacture et une bouffée d’oxygène bienvenue en ces années difficiles.

Ses premiers clients en la matière sont ainsi l’Aviation Américaine dès 1918 et la Société d’Aviation Louis Breguet à partir de 1922.

Il s’agit en l’occurrence de chronographes avec compteurs et tachymètre qui sont soit portés par les pilotes, soit vissés au tableau de bord des avions.

Au fil des années, Breguet livre au monde de l’aéronautique des chronographes toujours plus perfectionnés.

Mais parmi les montres d’aviateur que la Maison a produites tout au long de sa prestigieuse histoire, l’une des plus recherchées par les collectionneurs est incontestablement le légendaire
Type XX.

L’apparition du chronographe Type XX

Au début des années 50, le Ministère français de la Défense lance un appel d’offres, cahier des charges à l’appui, afin d’équiper ses pilotes de montres.
En effet, l’électronique est à l’époque loin d’être embarquée dans les cockpits des avions militaires comme elle l’est aujourd’hui.

Le cahier des charges stipule qu’il doit s’agir d’un Chronograhe capable simultanément d’être remis à zéro et de nouveau enclenché sans passer par les traditionnelles étapes d’arrêt du chronographe et de remise à zéro. C’est ce que l’on appelle la fonction retour en vol ou flyback, qui va permettre aux pilotes d’effectuer des calculs de trajectoire plus précis (telles que les rondes d’attente avant d’atterrir) – une invention de 1936 signée Longines, aujourd’hui filiale du Swatch Group au même titre que Breguet.

Parmi les autres exigences listées par le Ministère de la Défense de l’époque dans son cahier des charges figurent entre autres un cadran noir agrémenté d’index et d’aiguilles luminescents ; un boîtier d’environ 38mm ; un mouvement mécanique à remontage automatique doté d’une réserve de marche d’au moins 35 heures et la preuve selon laquelle la montre est capable de supporter plus de 300 fois la mise en marche, l’arrêt et la remise à zéro du chronographe.

La Maison Breguet figure, aux côtés d’Auricoste, de Dodane et de Vixa, au rang des entreprises qui vont répondre à cet appel d’offres ouvert et le remporter – Breguet récoltant quelque 50% de la commande totale passée par l’armée.

C’est ainsi que Breguet livre en 1954 à l’Armée
de l’Air Française environ 2.000 chronographes
Type XX, à l’Aéronautique navale 500 pièces marquées – sans doute les plus recherchées aujourd’hui des collectionneurs – en 1958 et, vers 1960, 50 chronographes – et non 500 comme on le lit souvent – au CEV (Centre d’Essais en Vol de Brétigny).
Equipés d’un calibre Valjoux 22 auquel était adjoint un module flyback, le Type XX livré à l’Armée de l’air diffère de la version destinée à l’Aéronautique Navale.

Cette dernière commande une version dotée d’un boîtier interne de protection antimagnétique et d’un compteur 15 minutes.
La version que choisit l’Armée de l’Air comporte quant à elle un compteur 30 minutes et ne bénéficie pas de qualité amagnétique.
Le CEV enfin commande quant à lui deux versions différentes (bicompax et tricompax) équipées toutes deux d’un compteur 15 minutes.

En parallèle de ces commandes officielles, Breguet proposera également des versions civiles de ses Type XX et fera figurer le modèle à son catalogue.
Ainsi, quelque 2.000 chronographes seront vendus entre 1954 et 1970 à des pilotes civils notamment.

Pour la petite histoire, les montres en fin de carrière devaient, selon la procédure établie, être restituées par les pilotes à l’administration militaire qui procédait à leur destruction en les immergeant dans un bidon d’acide…
Mais au-delà des Breguet Type XX qui sont passés, d’une manière ou d’une autre, entre les mailles du filet de la destruction, il était de tradition que les pilotes ayant frôlé la mort en mission – en s’éjectant par exemple de leur avion – étaient autorisés à conserver leur équipement, y compris leur Type XX.

Chronographe Breguet Type XX : une large et prestigieuse descendance

Breguet va ensuite décliner les versions civiles, pour le plus grand bonheur des amateurs et collectionneurs de montres.

Toujours équipés de la fonction retour en vol, les modèles ultérieurs seront agrémentés de différentes lunettes tournantes, remontoirs et cadrans, les références étant ou non dotés d’un totalisateur des heures.

En résumé, il existe ainsi trois générations de Breguet Type XX.

La première, qui remonte aux années 50 et se poursuit jusqu’à la fin des années 60, se distingue par sa boîte en acier brossé et ses attaches de bracelet légèrement galbées.

La deuxième, produite au cours des années 70 et 80, dispose d’un boîtier légèrement plus massif en acier poli et d’attaches de bracelet plus angulaires.

La production du Breguet Type XX connait ensuite une interruption entre 1985 et 1995.

Et c’est justement en 1995 qu’apparaît la troisième et dernière génération.Lancée afin de célébrer la collaboration horlogerie-aviation qui caractérise Breguet, elle se distingue par son boîtier à carrure cannelée et embarque pour la première fois un mouvement mécanique à remontage automatique.

Les toutes dernières descendantes de cette prestigieuse lignée sont les Breguet Type XXII que la Manufacture a dévoilées à l’occasion de la Foire de Bâle 2012 pour la version en acier et 2013 pour la version or rose.

Toujours équipés de la fonction flyback, ces chronographes, qui font appel à la technologie du silicium – matériau dans lequel sont réalisés le spiral, la roue d’échappement et l’ancre, associent la prestigieuse Histoire de la marque aux dernières avancées technologiques de la Manufacture.
Ces chronographes sont ainsi motorisés par le calibre Breguet 589 F, qui bat à la fréquence de 10Hz – soit 72.000 alternances par heure (versus 28.800 pour la plus grande majorité des mouvements).
Cette fréquence élevée, qui améliore la précision chronométrique de la montre, permet surtout la mesure et l’affichage de temps plus courts – en l’occurrence jusqu’à 1/20ème de seconde contre 1/8ème de seconde pour un calibre battant à 28.800 alternances par heure.

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Breitling Navitimer 

C’est en 1952 que la Breitling Navitimer voit le jour avec pour objectif d’offrir un véritable instrument de poignet aux pilotes. Son nom est une simple contraction de « navigation » et de « timer ». Telle une évolution du modèle Chronomat avec sa règle de calcul circulaire créée en 1942, la Navitimer était capable de résoudre toutes les opérations liées à la navigation aérienne sans outils : taux de consommation, temps de montée, conversion miles/miles nautiques/kilomètres, etc. Ce n’est pas un hasard si la toute première Navitimer arborait le logo de l’AOPA (Aircraft Owners and Pilots Association) sur son cadran. Le premier modèle (référence 806) était équipé d’un mouvement mécanique à remontage manuel, calibre Venus 176, dont la fabrication était externalisée. Une série limitée de la 806 introduite en 1954 fut aussi animée par un mouvement Valjoux 72 (tout comme la Rolex Daytona); un modèle très prisé par les collectionneurs.

Par la suite, son succès fût assuré par ses ambassadeurs et grâce à un excellent marketing avec l’aide du publicitaire suisse Georges Caspari. En développant des campagnes ciblées destinées à des groupes de pilotes et en demeurant le fournisseur attitré de l’aviation mondiale en plein essor de l’aviation commerciale, la demande explosa. Certains Boeing de 1957 tels que le 707 , sont équipés d’instruments de bord signés Breitling. Est ensuite venu le vol orbital de la capsule Aurora 7 de la NASA avec l’astronaute américain Scott Carpenter qui portait une Breitling Navitimer au poignet, faisant de ce modèle le premier chronographe-bracelet à voyager dans l’espace. Le mythe est né et cette montre devient culte.

Une montre pionnière

Pendant ce temps là, l’industrie horlogère continue d’innover et le mouvement mécanique à remontage automatique créé par Rolex devient la norme pour les montres à 3 aiguilles, tandis que les complications simples (jour, date, phases de lune) deviennent de plus en plus communes. Breitling décide alors de changer le calibre Venus 178 pour un Valjoux 7740 équipé d’une complication de date et à la fabrication assistée par ordinateur. Mais ce n’est en 1969 que le grand pas vers le chronographe automatique s’effectue.

Le légendaire calibre 11 voit alors le jour grâce à Gérald Dubois, travaillant alors pour Dépraz & Cie (désormais Dubois-Dépraz), en collaboration avec Jack Heuer et Willy Breitling. C’est en utilisant une base de la Buren Watch Company, soit un mouvement automatique fin équipé d’un micro-rotor sur lequel fût ajouté un mécanisme modulaire, que le premier mouvement chronographe automatique vit le jour. Cette méthode de conception explique pourquoi la masse oscillante est invisible une fois le boîtier de la montre ouvert (photo ci-dessus). Petite particularité de ce mouvement, la couronne est positionnée à gauche et les boutons-poussoirs à droite, ce qui changea radicalement le look de la montre, passant d’un cadran tri-compax à un cadran bi-compax.

Mort et renaissance de la Breitling Navitimer

Arrivent les années 1970 et l’avènement des montres à quartz venues tout droit du Japon. La crise démarre et Breitling réagit en concevant une version digitale de la Navitimer. En vain, les ventes s’écroulent et la fin des années 1970 sonne la fin de la marque suisse qui se voit contrainte de fermer ses portes puis d’être vendue. La marque Sinn profita de l’occasion pour racheter toutes les pièces détachées de la Navitimer ainsi que les droits d’utilisation du cadran pour vendre sa propre version ornée du logo Sinn. En 1978, le propriétaire de la marque de montres abordables Sicura et fanatique d’aviation racheta la marque et lui insuffla une seconde vie en 1982. Son plan finit par fonctionner au début des années 1990 lorsque les montres mécaniques eurent de nouveau le vent en poupe. Une nouvelle version de la Navitimer vit le jour, cette fois-ci équipée de célèbre calibre Valjoux 7750. De nombreuses versions furent introduites sur le marché, mais pas de calibre 11 à l’horizon.

C’est en 2009 que Breitling effectua un pas de géant, la consécration avec l’introduction d’un mouvement manufacture : le calibre Breitling 01. Un véritable mouvement chronographe maison avec une architecture intégrée (sans module) et certifié chronomètre par le COSC. Une dernière évolution fit son apparition en 2014 avec une taille de boîtier passant de 42mm à 46mm en réponse à la demande croissante de montres à large diamètre. Depuis, la Navitimer est toujours aussi culte et conserve son statut de montre préférée des aviateurs.

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L’Omega Speedmaster

Les débuts de l’Omega Speedmaster

En 1957, Omega lance un trio de montres composé de l’Omega Seamaster 300 (CK2913), de l’Omega Railmaster (CK2914) et de l’Omega Speedmaster (CK2915), depuis devenues des icônes de la marque et de l’univers des montres tel que nous le connaissons aujourd’hui. La Speedmaster a d’abord été conçue comme un chronographe de sport inspiré des tableaux de bord des voitures de sport italiennes de la fin des années 1950. Avec ses cornes incurvées, son cadran noir et ses larges aiguilles en forme de flèche, cette montre brille par son allure sportive.

Lors de son lancement, la Speedmaster était la première montre-bracelet chronographe au monde à être munie d’une échelle tachymétrique sur la lunette et non sur le cadran, Une Caractéristique concue pour améliorer les performances des pilotes de courses automobiles . Ce garde-temps est alimenté par le légendaire calibre Omega 321 avec chronographe à roue à colonne. Basé sur le calibre Lémania 2310, celui-ci a été utilisé dans les montres Omega jusqu’en 1968. Beaucoup considèrent toutefois la Speedmaster originale comme un « Saint Graal ». Il ne reste malheureusement que très peu d’exemplaires de ce modèle, produit pendant seulement deux ans, il y a 60 ans. Si vous souhaitez acquérir cette montre, il vous faudra donc vous armer de patience et prévoir un budget confortable, de plusieurs dizaines à quelques centaines de milliers d’euros pour un modèle en bon état.

Les prémices de l’exploration spatiale

Omega n’avait pas du tout envisagé que la Speedmaster puisse devenir la première montre à aller sur la Lune. L’entreprise s’est rapprochée de la NASA lors du lancement de la deuxième édition de la Speedmaster référencée CK2998, qui est venue remplacer la référence originale CK2915 deux ans après sa sortie. Walter Schirra et Gordon Cooper, tous deux astronautes de la NASA, ont acheté en 1962 une CK2998 dans le but précis de la porter pendant un vol spatial. La Speedmaster est ainsi restée au poignet de Walter Schirra pendant la mission Mercury-Atlas 8 à bord de la Sigma 7, en octobre 1962 : ce fut le premier voyage de la Speedmaster dans l’espace.

La montre qui a marqué l’histoire

La mission Apollo 11 marque toutefois le point culminant de l’épopée spatiale de la Speedmaster : l’équipage d’Apollo 11 était composé des astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, qui portaient tous trois une Omega Speedmaster Professional lors de leur vol vers la Lune. Neil Armstrong et Buzz Aldrin, qui ont tous deux posé le pied sur la Lune, n’ont pas quitté leur Omega Speedmaster Professional référencée 105.012 de toute la mission. Buzz Aldrin fut toutefois le seul à emporter sa montre avec lui lors de sa sortie, tandis que Michael Collins et sa Speedmaster portant la référence 145.012 sont restés dans le module de commande. Ce moment historique a marqué le début d’un héritage qui continue à se transmettre au fil des générations de montres.

L’Omega Speedmaster référencée 105.012 est ensuite devenue la Speedmaster que nous connaissons aujourd’hui. Omega avait récemment muni les modèles de la collection Speedmaster d’aiguilles bâton blanches pour une meilleure lisibilité. La 105.012 fut la toute première montre à être dotée d’un boîtier plus grand (42 mm), de poussoirs plus larges protégés par le boîtier et par un protège-couronne. Le terme « Professional » a également été ajouté sous l’inscription « Omega Speedmaster ». La Speedmaster référencée 145.012 est en tout point similaire à la 105.012, elle dispose simplement de poussoirs plus grands. Les deux modèles sont considérés comme de véritables Moonwatch.

Le secret du succès

Il est important de prendre du recul et d’analyser cette version de l’Omega Speedmaster Professional pour connaître la recette de son succès extraordinaire. Pourquoi n’a-t-elle subi quasiment aucune modification depuis 1964, date du lancement de la référence 105.012 ? Le secret de la Speedmaster réside tout simplement dans une association d’éléments se complétant parfaitement. Omega a tout d’abord opté pour un cadran noir et des aiguilles bâton blanches offrant non seulement un contraste magnifique, mais également une lecture particulièrement facile de l’heure. La marque a ensuite réussi à mettre au point un cadran muni de trois cadrans auxiliaires restant toujours parfaitement visibles, quel que soit l’endroit où se trouvent les aiguilles des heures et des minutes. Cette prouesse est rendue possible grâce à la minceur des aiguilles, à la simplicité des éléments de conception et à l’efficacité de leur positionnement. Le design général est soigné, pratique et très plaisant, sans pour autant perdre le caractère unique de la Speedmaster. Cette montre est non seulement entrée dans l’histoire, mais a également su convaincre les fans de montres en devenant un des chronographes les plus emblématiques jamais conçus.

La Speedmaster Professional après l’atterrissage sur la Lune

Petite sœur des iconiques Moonwatch, l’Omega Speedmaster référencée 145.022 est lancée en 1968. Sa particularité ? Elle est alors la première Speedmaster à ne pas être équipée du légendaire calibre Omega 321, remplacé par le calibre Omega 861, un mouvement plus simple et plus abordable. La Speedmaster ayant en effet gagné en popularité après l’atterrissage sur la Lune, Omega devait être en mesure de la produire en plus grand nombre afin de satisfaire la forte demande – d’où cette modification. C’est également à cette époque que les maisons d’horlogerie suisses, durement touchées par la crise du quartz, ont dû prendre des mesures pour rester en activité.

La Speedmaster référencée 145.022 s’est avérée être un succès à la fois commercial et technologique. Omega n’avait pas présenté de nouveau modèle au public depuis l’atterrissage sur la Lune, et cette montre a rendu hommage à ses prédécesseurs en participant elle aussi à des missions spatiales dès 1978. Elle est remplacée en 1982 par la référence 145.0022, dont la production s’arrête en 1988. Cette même année, Omega commence à utiliser son nouveau PIC (Product Identity Code) pour les numéros de référence. La Speedmaster Professional suivante s’est ainsi vu attribuer la référence 3590.50. Intéressons-nous maintenant à la référence 3570.50, produite de 1996 à 2014, qui a subi des modifications importantes en 1997. Cette date marque l’introduction du calibre Omega 1861, une version légèrement modifiée du calibre 861, et la disparition du tritium au profit du Superluminova pour le revêtement du cadran et des aiguilles.

La Speedmaster Professional actuelle

Qu’en est-il de la version actuelle de l’Omega Speedmaster Professional ? En 2014, Omega a lancé une nouvelle Speedmaster Professional « full set », un grand coffret de présentation comprenant la montre, une loupe ainsi que deux bracelets supplémentaires et un outil permettant de changer de bracelet à votre guise. Ce dernier modèle Moonwatch porte le numéro de référence 311.30.42.30.01.005. La Speedmaster se distingue comme d’habitude par la continuité de son design pendant plus de cinq décennies. La Speedmaster Professional actuelle est quasiment identique à la montre de 1964, ce qui témoigne non seulement du succès sans précédent de ce modèle, mais également de l’incroyable dévouement d’Omega à la production de pièces uniques qui témoignent véritablement de l’histoire des garde-temps. Vous aurez peut-être du mal à le croire, mais cette collection historique a failli être rayée du paysage. Dans les années 1990, certains dirigeants d’Omega ont en effet eu la brillante idée d’arrêter la production de la Speedmaster Professional.

Cette décision n’a fort heureusement jamais été concrétisée. En 2017, Omega a célébré les 60 ans de l’Omega Speedmaster, de la Seamaster 300 et de la Railmaster en proposant des éditions spéciales 60e anniversaire pour chaque modèle. La Speedmaster rend hommage à la Speedmaster originale de 1957. Il faudra attendre 2019 pour un modèle anniversaire de la plus emblématique des Speedmaster. L’année 2019 marquant également le 50e anniversaire de l’atterrissage sur la Lune.

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L’Audemars Piguet Royal Oak

La Genèse

Pour comprendre d’où vient la folie qui entoure la Audemars Piguet Royal Oak, il faut donc remonter à 1972. Si on avait dit aux dessinateurs de l’époque que cette Royal Oak deviendrait une icône, et une des montres qui ferait partie des “Must-Have” de tous les collectionneurs sérieux plus de 45 ans plus tard, ils n’y auraient peut-être pas cru. Et pourtant, le model original de 72 est bel et bien aujourd’hui une des pièces d’horlogerie les plus recherchées dans le secteur des montres vintages

En 1972, comme on le sait tous, le monde horloger est complètement chamboulé en raison du lancement trois ans plus tôt de la première montre à quartz destinée au grand public par la marque japonaise Seiko. L’horlogerie suisse, qui s’est depuis toujours concentré presque exclusivement sur les montres automatiques et sur les mouvements mécaniques, voit ses demandes et ses parts de marché fondre comme du chocolat au soleil. De nombreuses marques de l’époque sombrent, et ferment boutique. D’autres mettent leur production en pause, en espérant renaître de leurs cendres plus tard. D’autres encore, qui avaient les moyens techniques et financiers, s’adaptent et se lancent dans la production de montres à quartz pour rivaliser avec la compétition asiatique. Audemars Piguet, eux, prennent une autre décision, partagée par quelques autres marques aux reins solides : ils tiennent la barre. Ils gardent leur cap, et continuent à faire ce qu’ils font de mieux : des montres automatiques aux mouvements mécaniques.

Cependant, la marque sent bien un désir de renouveau et d’innovation dans le secteur de la haute horlogerie de l’époque, secteur d’habitude plutôt réticent aux grands changements. Pour se différencier et asseoir son image d’avant-gardiste, Audemars Piguet fait appel à un jeune designer horloger du nom de Gérald Genta, et lui demande de créer une pièce d’un genre nouveau, capable de plaire à une jeunesse qui a besoin de changement et de révolte. Gérald se met au travail, et choisi deux axes de nouveauté : premièrement, une forme élégamment octogonale, entre le cadran rond et celui à forme géométrique, qui étaient présents sur le marché de l’époque. Deuxièmement, une montre entièrement en acier inoxydable, dans un marché gouverné par les métaux précieux et les pierres de luxe, mais en gardant un prix de vente élevé, aligné sur les concurrents.

La Royal Oak, en tant que montre audacieuse et qui marque un tournant dans le secteur tout entier, reçu bien évidemment des retours mitigés. Certains professionnels du milieu ont tout de suite crié au génie, tandis que d’autres montraient du doigt ce qu’ils considéraient comme une escroquerie. Les clients, eux, se sont rapidement rué sur le modèle, et la jet-set internationale s’est arraché les quelques pièces disponibles à des prix considérables. La Royal Oak est réellement devenue une référence du luxe horloger contemporain de l’époque, et elle fait partie des montres qui ont permis à Audemars Piguet de rester à flots pendant la crise horlogère, et même à l’horlogerie suisse de continuer à rayonner au niveau international pendant ces temps difficiles.

L’évolution de la Royal Oak

La Royal Oak fut donc un succès commercial presque immédiat, qui se fit ressentir internationalement. Les dirigeants d’Audemars Piguet ont vite compris que ce modèle renfermait un potentiel important pour le futur de la marque. C’est pourquoi ils ont décidé d’insister sur cette montre, et d’en faire une pièce stratégique dans leur politique générale. Des modèles différents voient le jour au fil des années, en gardant toujours les caractéristiques et l’énergie de la montre originale de 1972, mais en osant de plus en plus de liberté, puisqu’après tout, l’esprit rebelle disait partie de l’essence de la Royal Oak depuis ses débuts. De nombreux modèles de Royal Oak sont donc proposés, jusqu’à ce que 20 ans après le premier lancement, Audemars Piguet présente la ligne Royal Oak Offshore, proposant des variantes de la Royal Oak originale typée beaucoup plus sport. La gamme s’associera même avec un grand nom de la voile : le syndicat suisse Alinghi, qui participe à la coupe de l’America, et qui l’a remporté en 2003 à Auckland et en 2007 à Valence. Un partenariat qui a donc participé au maintien de l’image d’excellence de la Audemars Piguet Royal Oak pour un public mondial à la recherche de produits d’exception.

Des caractéristiques importantes

Même après plus de 45 ans d’existence, les différentes versions de cette Royal Oak respectent des caractéristiques communes, notamment au niveau du design. À son lancement, il s’agissait d’une des première montre au monde qui proposait un bracelet et un boîtier conçus harmonieusement ensemble, et qui étaient clairement faits pour aller l’un avec l’autre. Cela a tout de suite donné un aspect de bijoux à la Royal Oak, comme s’il s’agissait d’un bracelet destiné aux hommes qui donnait aussi l’heure, plus qu’une montre qui se portait au poignet. Cet aspect bijoux et cette harmonie parfaite entre le bracelet et le boîtier sont encore très présents sur les Royal Oak d’aujourd’hui.

Évidemment, la forme du boîtier reste elle aussi intacte, même si sa taille peut être amenée à changer sur certains modèles pour différentes raisons, comme le besoin d’un boîtier plus épais pour ajouter une complication spécifique comme une complication de chronographe, ou l’envie de proposer des montres plus fines pour toucher différentes cibles. Cet octogone peut sembler basique au premier regard, mais il respecte des codes et des calculs très précis qui lui donnent cet aspect unique. Gérald Genta était un passionné de bateaux, du monde marin, de plongée, et de tout ce qui s’approchait de près ou de loin de l’océan. Il a très clairement puisé une grande partie de son inspiration pour la création de la Royal Oak dans cet univers marin, et plus précisément dans le design de bateaux de luxe et de hublots.

Les vis que l’on retrouve sur la face de boîtier à chaque angle de l’octogone, et qui font partie intégrante du design significatif de la Royal Oak, se retrouvent sur chacun des modèles de la collection entière. Il est intéressant de remarquer que les pas de ces vis sont tous alignés dans un axe parfait afin qu’ils forment tous un ensemble harmonieux, en une sorte de cercle en points-tillés. D’autres marques qui ont tenté d’utiliser leurs pas de vis comme éléments de design à part entière ont rencontré des problèmes pour les faire correspondre précisément les uns par rapport aux autres. Le secret d’Audemars Piguet pour les Royal Oak ? Les pas de vis visibles sur la face du boîtier sont en réalité des têtes d’écrous. Cette partie est donc fixe, et les vis qui maintiennent le boîtier compact se serrent depuis l’autre côté, le fond du boîtier. Elles sont d’ailleurs visibles en retournant la montre, et vous découvrirez que les pas de vis de ces dernières sont orientés plus aléatoirement…

Les Royal Oak aujourd’hui

Aujourd’hui, Royal Oak est donc devenue une marque de fabrique à part entière, et s’arrachent à des prix records sur le marché gris. La gamme est composée en trois collections : les collections Royal Oak , Royak Oak Concept, et Royal Oak Offshore. Les montres de ces collections représentent la grande majorité des pièces vendues par Audemars Piguet au niveau international. Il en existe des dizaines, et nous allons passer en revue les grandes lignes des trois collections ici pour que vous puissiez vous faire une idée.

La Royal Oak

C’est dans cette collection que l’on retrouve les Royal Oak contemporaines les plus proches de l’originale de 1972, mais pas seulement. Tout en gardant une certaine élégance, et en privilégiant l’acier et les métaux plus nobles, certaines de ces montres sont plutôt sobres, alors que d’autres paraissent plus extravagantes et tapes à l’œil. On trouve des complications en tous genres, comme des chronographes, des tourbillons, des extra-plates, des squelettes, des quantième perpétuels, des automatiques, des mouvements à quartz, des diamants, de l’or, des teintes de couleurs inédites, des éditions limitées.

La Royal Oak Offshore

La collection Royal Oak Offshore se concentre sur des modèles de la Royal Oak plus orientés sport que l’originale de 1972. Vous trouverez ici des Royal Oak “divers” pour la plongée, qui offrent donc des caractéristiques de montres de plongée, mais aussi des Royal Oak chronographes, et même des Royal Oak Diver Chronographes. Cette collection renferme des pièces de couleurs et matières variées, pouvant allier par exemple des bracelets en caoutchouc rose avec des diamants incrustés dans un boîtier en acier. Certaines d’entre elles sont automatiques, d’autres sont à quartz. Vous trouverez des modèles résolument masculins, d’autres unisexes, et d’autres encore clairement identifiables comme féminins. Des complications de tourbillon, mis en scène de façon plus ou moins originales et plus ou moins audacieuses selon les modèles, se retrouve dans de nombreux modèles de la collection. Ici, c’est l’aspect montre de sport qui est mis en avant, tout en gardant une partie de l’esprit classique élégant et rebelle que de Royal Oak représente depuis ses débuts. C’est dans cette collection que l’on trouve les Royal Oak les plus imposantes, avec des boîtiers allant jusqu’à 45 millimètres de diamètre.

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Une Patek Philippe « record »

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